Son histoire

Partons pour une légende…

 

On raconte qu’à l’époque mérovingienne, un seigneur de Rougemont-le-Château s’égara, au cours d’une partie de chasse, dans l’immense forêt qui couvrait la région. Il ne dut son salut, après avoir erré deux jours et une nuit, qu’à la découverte d’une source dans laquelle venaient s’abreuver des animaux sauvages. Cette source se trouvait à l’emplacement du village de Phaffans où elle existe toujours ; elle s’appelle « Tierbrunn », la fontaine des animaux. En remerciement envers la Providence, le seigneur fit alors ériger près de la source une chapelle, laquelle avec le temps fut transformée en une église importante.

Ce matin, le château de Rougemont est calme. Le seigneur,son fils Renaud et leurs invités sont partis pour la chasse.

Renaud s’est détaché du groupe en poursuivant un cerf.

Tout en chevauchant, il pense à sa belle Odile, fille d’un seigneur de la contrée, à laquelle il est fiancé.

Perdu dans ses pensées amoureuses, il s’égare et n’entend même plus les sons du cor. Harassé, il s’endort étendu sur la mousse au pied d’un arbre. A son réveil, au soleil couchant, il repart à cheval.

Peu rassuré à l’idée de passer la nuit dans cette forêt, il fait le vœu d’élever une chapelle s’il retrouve son chemin avant la nuit. Il est rapidement exaucé car il arrive dans une clairière où coule une fontaine. Il reconnaît cet endroit…Renaud est sauvé !

Fidèle à sa promesse, il fit ériger un oratoire auprès de la fontaine. Dès lors, la contrée fut défrichée et un village, puis plusieurs, s’y élevèrent.

On agrandit la chapelle*, qui devint plus tard l’église de toute la Baroche.

*Note 1 : Cette chapelle est celle de Saint Romain de Condat construite au XIIIe siècle sur le lieu où fut inhumé saint Romain en 460. Elle est située sur la commune de Pratz, dans le Haut-Jura. Elle surplombe le village de Vaux les Saint Claude. C’ est un lieu magnifique pour se ressourcer et méditer.

Note 2 :  Ces dessins qui illustrent la légende sont extraits de la deuxième édition  d’Augsbourg des Fables d’Ésope de 1479, traduites du latin en allemand. Elle est illustrée de 208 gravures sur bois qui se caractérisent par une épaisse ligne de contour traçant les silhouettes, sans fioritures très détaillées et peu de fond ou de paysage. Site de la Bibliothèque Numérique Mondiale


Le château de Rougemont.

Contexte historique de la région de Belfort :

« Les villages du Territoire de Belfort étaient, au Moyen-Age, répartis entre les seigneuries de Belfort, Rougemont, Rosemont, Delle, Florimont et Montreux. Vers 1370, il ne restait plus que celles de Belfort et de Rougemont, la première ayant absorbé celles de Rosemont et de Delle, après que cette dernière eût elle-même annexé les domaines de Florimont et de Montreux. À la fin du XIVe siècle toutes les seigneuries du Territoire faisaient partie du Comté de Ferrette. Celui-ci était aux mains de la Maison d’Autriche dont un membre régnait sur l’Empire. À partir de 1636, Belfort et l’Alsace furent occupées par les troupes françaises puis rattachées à la France par le Traité de Westphalie en 1648. En 1654, la Seigneurie de Belfort, après l’échec de la Fronde du Comte de la Suze, fut érigée en Comté au profit du Cardinal Mazarin ». (D’après Michel Raclot, « La vie d’une campagne au siècle dernier », 1983 )

Ainsi, à l’origine, les seigneurs de Rougemont possédaient un domaine constitué des villages de Leval, Romagny, Petitefontaine, Felon, Saint-Germain, Saint-Nicolas et Rougemont-village, village hors des murs d’enceintes du château. À ce premier territoire, il fut adjoint La Baroche, paroisse de Phaffans. Voici l’histoire du château qui commandait notre région…

Le château après les fouilles - photo jcm08

Le château après les fouilles – photo jcm08

« La forteresse a été édifiée dans le dernier quart du XIIe siècle par les comtes de Ferrette, suzerains de la seigneurie de Rougemont. A l’origine, la construction ne comportait pas de barbacane. La tour (A) était quadrangulaire, elle servait uniquement de refuge. Elle protégeait le logis seigneurial qui était à cette époque adossé à la courtine sud, au niveau des fentes d’éclairage.

Vers 1300, suite à un incendie, le château est remanié. La tour carrée est démantelée et la tour ronde actuelle est construite sur son embase. Le logis (B) est édifié côté nord. Il comprend, en bas, les communs et un étage avec accès de plain-pied côté tour. Il est flanqué d’un second bâtiment (C) qui comportait une cheminée rudimentaire et des fentes d’éclairage. La forge-écurie (D) est alors transformée en logis comme l’atteste l’embase d’un poêle à gobelets.

La défense est renforcée par la construction de la barbacane. A partir de 1347, la seigneurie devient possession des Habsbourg. En 1375, le château est ruiné par les troupes d’Enguerran de Coucy qui dévastèrent la Haute-Alsace. De 1977 à 1990, une fouille archéologique exhaustive, menée par le Foyer Rural de Rougemont, a permis le dégagement et la consolidation des structures mises au jour.

Plan du chateau

Plan du chateau

Outre l’aspect symbolique qui s’attache à ce type de construction, elle sert d’observatoire et d’ultime refuge en cas d’attaque, l’espace intérieur trop restreint, 2,50m de diamètre, ne pouvait être utilisé pour l’habitation. La partie sommitale était équipée de créneaux. Cette tour remplit la fonction de prison au moins une fois, de l’été 1330 au 14 mars 1331.

La partie qui subsiste ne comporte pas d’ouverture car la porte se trouvait à plus de cinq mètres de hauteur. Une simple échelle permettait de l’atteindre, puis un escalier en colimaçon construit dans l’épaisseur du mur permettait l’accès au sommet. C’est probablement de la base de cet escalier que l’on a fait exploser la partie supérieure de la tour en 1673 sur ordre de Louis XIV ».

D’après le Foyer Rural de Rougemont-le-Château