La Fête Dieu

Une fête de la Baroche

Jusque dans la première moitié du XIIIe siècle, on n’avait jamais songé à célébrer une fête en l’honneur du divin Corps du Christ. En 1316, le pape Jean XXII ordonna la procession. Deux ans plus tard, elle eut lieu pour la première fois en France. Cependant, ce ne fut qu’après le concile de Trente de 1551 qu’elle fut universellement adoptée.

L’abbé Joseph Muller, qui fut prêtre à Phaffans de 1954 à 1998, persévéra dans la célébration de la Fête Dieu jusqu’à sa retraite. Elle fut réputée au-delà du département et même au-delà des frontières. Beaucoup de fidèles se déplaçaient pour assister à l’une des dernières Fête Dieu de la région.

Une grande fête des villages…

Procession de la Fête-Dieu au début du 20e siècle


En 1920-25

La Fête-Dieu (1920-25)

Devant un reposoir vers 1920-25

Cette photo a été prise vraisemblablement en 1923 ou 1924.  Il est très difficile de mettre un nom sur les personnes, le temps est passé…  Toutefois quelques uns sont reconnus, parfois avec incertitude :  au premier rang assis en tailleur, le 3ème en partant de la gauche : Marcel Monnier, le suivant : Fernand Tavernier ; peut-être tout à droite Louis Juif. Assis au 2ème rang , à gauche Paul Fleury , la 5ème petite fille doit être Suzanne Juif (maman de Marie-Claude Farque), à côté certainement Marguerite Seguin , puis peut-être Célestin Juif.  Debout au 3ème rang , le 2ème depuis la droite : Maurice Monnier et peut-être 2ème depuis la gauche : Gaston Guy, et peut-être debout à droite Germaine Bornèque. [Photo : collection  C. Koch.]

Le 15 août 2010, M. Jean Marcel Millet me communique :

« Il y a une petite fille au centre, entre une qui a les bras croisés et une autre qui les a sur les genoux, elles sont assises au second rang, elle a un noeud tout écrasé sur la tête et une collerette en cygne autour du cou….C’est ma maman… Marie-Rose Courbot, épouse Marcel Millet, qui est enterrée dans le cimetière de Phaffans. La dame qui est à gauche et qui tient un bébé c’est ma grande tante,  Adèle Courbot d’Eguenigue,  sœur de mon grand-père Léon Courbot. Parmi les quatre fille debout les mains jointes, une est ma tante Marie-Thérèse Courbot, épouse Girot, mais je ne me souviens plus laquelle. J’ai un exemplaire de cette photo chez moi. Je vais faire des recherches.

Le nom du bébé dans les bras de ma Grand Tante Adèle me revient…C’est Marie Brouque, fille de Catherine Courbot, épouse Brouque et de deux autres enfants Marguerite et François (décédé) qui ont tenu l’épicerie de Valdoie, en face du pont. Elle fut l’épouse du gendarme Merlet »


Les reposoirs

Devant les reposoirs

Fête-Dieu - année inconnue

Fête-Dieu - année inconnue- Col. G. Barthez

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Fête-Dieu, année inconnue

Fête-Dieu - année inconnue- Col. G. Barthez

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Fête-Dieu, année inconnue

Fête-Dieu - année inconnue- Col. G.Barthez

Fête Dieu 1920-1925 (col. Jean Marcel Millet)

Debout à  gauche (+) Adèle Courbot. Tout en haut à gauche, debout avec un nœud sur la tête :  (++) Marie Rose Courbot.

Fête Dieu 1925-1930 (col. Jean Marcel Millet)

Quatrième,  en partant de la gauche : Mme Adèle Courbot

A l’arrière plan, les quatre jeunes filles en aube avec voile sur la tête (de gauche à droite) :

  • Emma Girot (épouse de Pierre Courbot)
  • X  inconnue
  • Marie Thérèse Courbot (épouse Girot)
  • Marie Rose Courbotaussi sur la photo précédente – (épouse Marcel Millet)
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    1931 – Reposoir dédié à Jeanne d’Arc pour le cinq centième anniversaire de son supplice par le feu le 30 mai 1431 à Rouen

     

    Les édiles portent le dais (photo des années années 80, à préciser)

     

    Les édiles
    Le cortège arrive à l’église. Au premier plan l’ancien maire de Phaffans, Célestin Juif et à sa gauche Marcel Perez, à l’époque maire de Roppe.

     

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    Dernier reposoir
    Reposoir de la dernière Fête Dieu érigé devant la maison Sagot

Dans les bulletins paroissiaux

    Quelques extraits de bulletins paroissiaux de l’abbé Lamboley des années trente. (transcription de A. Casero)

    1929

    […] Rivalités très édifiantes et de si bon aloi que celles qui ont eu lieu entre les équipes des trois reposoirs ! Mais….Mademoiselle Adèle, on l’a vu, excelle….à faire voler sa troupe d’anges d’un reposoir à l’autre. Certainement qu’elle aura un grade…… dans le paradis…..à la tête de quelques joyeux escadrons d’angelots !

    1930

    […] Nos demoiselles dévouées nous préparent trois magnifiques reposoirs, et c’est la commune de Lacollonge qui leurs fournira les « mais* » d’usage pour le cadre et l’ornementation de verdure.

    1931

    […] Favorisée par un temps splendide, la procession du Saint Sacrement s’est déroulée majestueusement au son des cantiques et du gai carillon des cloches, s’arrêtant trois fois aux magnifiques reposoirs édifiés par des mains dévouées.

    1932

    […] Cette année encore, le mauvais temps n’a pu arrêter le zèle de nos dévoués ouvriers et ouvrières.

    Les sujets choisis ont été bien rendus:

Le Christ-Roi sous un bel arc de triomphe
Le Saint Sacrement dans un ciel magnifique
Le Sacré-Cœur entre deux immenses oriflammes

    Beaucoup d’anges ailés partout et pas mal vivants bien beaux et bien sages eux aussi. Merci à tous les artistes. Merci à tous les bienfaiteurs !

    On songe déjà aux nouveaux modèles….pour l’an prochain ! […]

    Mlle xxx d’Eguenigue, a donné l’ordre de démolir une charpente…. peu boiteuse cependant, mais il faudra du parfait ! Mmes de Phaffans, Denney, Menoncourt et d’autres… Attention !

    1933

    […] La procession est un élément si important dans la Fête-Dieu que sans elle, c’est un gros vide. Or , elle s’est déroulée à la grande satisfaction de tous et l’on put admirer les trois magnifiques reposoirs dont je me plais à relever ici la beauté et la signification si pleine d’à-propos.

    Tous les trois se sont inspirés des anniversaires que nous a amenés l’année 1933.

    Le premier reposoir évoquait l’idée du 19eme centenaire de l’instruction de la Sainte Eucharistie : un immense ostensoir de 1m50 de hauteur sur 1m de largeur, entièrement buriné dans le métal, projetait ses rayons dorés sous un bel arc de triomphe.

    Le deuxième reposoir rappelait le souvenir de la passion dont 1933 est également le 19eme centenaire. La figuration était celle-ci : le Christ qui reçoit de l’ange le calice d’amertume, symbolisant l’ordre de mourir sur la croix, et qui dans son attitude exprime le Fiat voluntas de la suprême résignation.

    Le troisième reposoir était une belle vision de Lourdes, à l’occasion du 75eme anniversaire des apparitions de la Sainte Vierge à Bernadette.

    1936

    […] Les photographies qui ont été faites des trois reposoirs mériteraient d’être admirées et conservées.

    Les sujets choisis, quoique classiques : le Sacré-Cœur, l’apparition à sainte Marguerite-Marie, la vierge miraculeuse, avaient cependant bien des nouveautés dans leur agencement. Dans tous les trois, c’était une profusion de riches corbeilles ou d’innombrables gerbes de fleurs cultivées ou champêtres ** disposées avec art.

    1937

    […] Le jour de la Fête-Dieu, nous eûmes une belle manifestation de piété. Sous un dais étincelant et complétement remis à neuf, le R.P. Py eut l’honneur de porter le Saint Sacrement au cours d’une de nos plus belles processions, avec arrêt aux trois magnifiques reposoirs élevés sur le parcours habituel


Note *: les mais sont ici les branchages utilisés pour la décoration des reposoirs. En Franche-Comté , la tradition des Mai consiste, pour les jeunes gens dans la nuit du 30 avril au 1er mai,  à installer un jeune arbre ou un rameau contre le mur du domicile des jeunes filles à marier, pour les honorer. Un langage était autrefois associé à l’essence de l’arbre : le charme – tu es charmante, l’aulne – tu es belle, le « foyard » – amour le plus profond, le sapin – fille volage ou bêcheuse, le cerisier – fille facile…  Cette nuit est également mise à profit pour se défouler et pour effectuer un charivari sous les fenêtres des personnes grincheuses…

Note** : les fleurs cultivées ou champêtres,  les herbes et branchages déposés sur la route au petit matin de la Fête-Dieu étaient appelés les « yas » en patois local. Les paroissiens jetaient par milliers des fleurs fraîchement cueillies sur le parcours tout au long de la procession. Selon l’adage, si les « yas » étaient sèches le soir venu, la fenaison serait bonne. Par contre si elles étaient mouillées, les foins seraient difficiles à sécher.



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