Les fondeurs

Phaffans a produit des cloches pour de nombreuses églises de la région, mais aujourd’hui personne ne sait localiser l’atelier dans le village.

Construction du moule

On trouve quelques renseignements dans le mémoire de maîtrise « Une Seigneurie du pays belfortain, la paroisse de Phaffans au XVIIIe siècle » et dans « L’histoire de cloches du début de la vallée de la Weiss » de Francis Lichtlé. Voyez la Monographie.

C’est Pierre Antoine Seurot [né en Haute-Marne 1686, mort à Phaffans le 12 mai 1744] qui introduisit cette industrie dans le village. Il obtint le privilège exclusif de fondeur de cloches de l’évêque de Bâle à qui Phaffans fut rattaché jusqu’en 1779.

En association avec Jean François Cointzman [né à Phaffans le 28 septembre 1704, mort le 31 janvier 1760 – (son épouse, Suzanne Oeuvrais est décédée à 50 ans le 24 octobre 1759)] Seurot créa un atelier de serrurerie et de fonte de cloches et fontaines qui fonctionna jusqu’en 1759, époque de la disparition de Cointzman et de son épouse.

.

On connaît certaines de leurs réalisations :

  • Le Noirmont (1716)
  • Delémont 1723
  • Epauvillers (1729 ou 1751?)
  • Phaffans
    Trois cloches sont refondues en 1729 et réinstallées en 1732. La plus grosse de 1900 livres datait de 1607, pesait 1960 livres après refonte et fonctionna encore deux siècles.
  • Soubey (1730)
  • Giromagny (1730)
    « En 1711, les deux cloches du beffroi doivent être refondues ; la plus grosse prévue pèsera 4000l. En fait, la mauvaise exécution du travail oblige à faire refondre les trois cloches des 1730 par Pierre-Antoine Seurot, de Comol (Liebelin, Egl. St-J.-B., 9-10) Une d’entre elles, baptisée Michel-Joséphine, est bénie le 12.10.1770 (Reg. par.). A la Révolution deux cloches sont descendues de la tour et envoyées à la fonte ; elles ne seront remplacées qu’en 1824 (Liebelin, Egl. St-J.-B., 11). »
  • Frahier (1730)
    « La présente année mil sept cent trente les habitants de Frahier et d’Errevet ont fait faire une cloche pour l’église dudit Frahier à leurs frais, ceux de Frahier ayant fournis les deux tiers et ceux d’Errevet l’autre tiers. Elle fut coulée à Phaffans le 17 mai veille de l’Ascension, elle a été pesée à Belfort le 20 suivant; Elle pèse 703 livres, elle fut conduite audit Frahier le même jour. Elle a été bénite le 30 mai dernier, fête de la Pentecôte en présence de Messieurs les curés du voisinage et de plusieurs Messires de distinction, elle a coûté 1054 livres 10 sols, à raison de 30 sols la livre. »
  • Ammerschwir (1739). Dans l’inventaire des archives d’Ammerschwir, publié par M.A. Scherlen, il est fait mention, sous la cote DD5 de cloches fondues au XVIIIe siècle par Antoine Seurot de «Fanfant».
  • Belfort (1747) – la petite cloche de l’église Saint-Christophe
  • Roggenbourg (1750)
  • Saint Cosme (marché passé avec les fondeurs de Phaffans le 27 juillet 1752)
  • Florimont (1755). Elle porte l’inscription:
    PARRAIN M. FRAN. DE NOBLAT CONS DV ROY COMMIS DES GVERRES SUBDELEGVE ET PREVOT DE BELFORT. MAR. MADAME MARIE CHARLOTTE BARONNE DE FERETTE DAME D’AVXELLE, ST. ANDRE KARSPACH ETC. J’AI ETE FONDUE AUX FRAIS DE LA COMMVNAVTE DE FLORIMONT AV MOIS DE JUILLET 1755; MR. URASANNE BUESSARD. CURE I. FRAN. COINSEMENT DE PHAFFANS M’A FAITE.

L’Encyclopédie Diderot et d’Alembert (deuxième moitié du 18e siècle) nous laisse imaginer ce que pouvait être un atelier de fonte de cloches à cette époque.

Préparation des moules en fosse de coulée

Préparation des moules en fosse

Après avoir construit les moules, la fosse est remplie de terre damée, ce qui augmente leur résistance  sous la pression du métal en fusion. L’alliage de bronze, constitué de 78% de cuivre et 22% d’étain, est mis en fusion à 1200°C dans le four à creuset. Le métal s’écoule par des canaux de briques vers les évents des moules qu’il remplit. Après plusieurs jours de refroidissement, les cloches sont alors sorties de la fosse.

La coulée

La coulée

La fonte des cloches était parfois itinérante, le chantier était construit pour le besoin à proximité de l’église, évitant ainsi le transport de ces lourdes charges. En Franche-Comté, les paroissiens donnaient des pièces d’argent qui, jetées dans l’alliage en fusion, étaient censées rendre le son plus argentin.