Chroniques

la Baroche

L’administration des communes de la Baroche

Le 17 mars 1926, à la demande de Phaffans, Gaston Doumergue, président de la République contresignait un décret de Jean Durand, alors ministre de l’Intérieur, unique dans les annales départementales. Ce document créait une commission syndicale pour l’administration des biens communs aux six localités de la Baroche. Cette commission comprenait 25 membres désignés en fonction du nombre d’habitants par commune « associées ». Phaffans était de droit gérante de ces biens. En 1970, cette commission originale était suspendue et remplacée par une Association Intercommunale de la Baroche de type 1901, présidée alors par Célestin Juif, maire de Phaffans.
Aujourd’hui elles sont administrées par le Syndicat Intercommunale de la Baroche.

La folle nuit

Folle nuit au fort de Bessoncourt

Il a été érigé entre 1883 et 1886 pour interdire les routes de Colmar et de Bâle ainsi que la voie ferrée Belfort-Mulhouse. Il pouvait couvrir avec ses canons les forts de Roppe et de Vézelois.

« De grandes scènes pathologiques ont tout spécialement orné la Belle Époque, car son goût pour les banquets facilitait les empoisonnements multipliés. Cependant que les casernes, victimes de fournisseurs indélicats, servaient périodiquement de théâtre à des scandales dont la viande corrompue, même si elle était d’abord soupçonnée, n’était pas toujours responsable. Ainsi au fort de Bessoncourt (Belfort), en 1893, une intoxication massive par de l’huile d’arme qui avait servi à assaisonner de la salade, provoqua-t-elle chez un médecin une description dont l’humour prouve au-delà de l’effet scatologique, à quel point la chose était banalisée : « Au milieu de la nuit.. la cour du fort était sillonnée d’hommes plus ou moins vêtus se dirigeant vers les cabinets à des allures diverses, suivant qu’une diarrhée pressante hâtait leurs pas, ou que le hoquet précurseur ralentissait leur marche. Beaucoup n’achevaient pas l’étape, quelques-uns échouaient au port ; et sur la route du retour, nous rencontrions ces malheureux se traînant avec peine, le visage défait, au front perlé de fine sueur, répondant difficilement à nos questions, présentant enfin, dans l’ensemble de leur physionomie, la fatigue de l’homme qui a subi des orages intimes et la crainte de celui qui en attend encore. »

Guilbert (Françoise), « Le pouvoir sanitaire, essai sur la normalisation hygiénique », thèse de l’Université Robert Schuman – Strasbourg. 1992.

 

L’entrée du fort  Sénarmon, vue suivant la flèche jaune de la photo ci-dessus

Le facteur

Le facteur rural à bicyclette

Facteur rural
Devant la mairie de Phaffans, le facteur en tournée est très fier de son vélocipède !

Dès 1887, on importe des bicyclettes anglaises de la marque « Securitas ». Cette nouveauté se vend 375 Francs, somme élevée pour le facteur rural, représentant la moitié du salaire annuel d’un débutant. Craignant que ces machines soient des sources d’accidents, l’administration des Postes montre des hésitations. Cependant, en 1893, devant le développement de ce moyen de locomotion, l’administration se ravise et encourage son utilisation. C’est alors que deux ans plus tard, Securitas propose aux Postes un modèle dédié, la « Passe-Partout ». En 1900, Léon Mougeot, Secrétaire d’État aux Postes et Télégraphes, entreprend de moderniser la distribution du courrier. Il écrit : « Étant donné ses avantages, le moment semble venu de rechercher les moyens propres à généraliser l’emploi du vélocipède. Il n’est pas douteux qu’un plus grand nombre de facteurs en feraient usage si leurs ressources leur permettaient de faire l’achat d’une machine. L’administration est disposée à demander au Parlement des crédits permettant d’allouer à tout facteur une indemnité destinée à amortir les frais d’achat et à couvrir des dépenses d’entretien et de réparation. Cette indemnité serait également accordée aux facteurs, qui, n’ayant pas l’aptitude voulue pour monter à bicyclette, feraient emploi du tricycle ». En 1902, l’indemnité est de 15 francs par mois.
Les constructeurs partent à la conquête de ce nouveau marché. Les Autos et Cycles Hurtu proposent un modèle rustique qui n’a pas de garde-boue, pas d’éclairage, pas de freins, pas de grelot avertisseur pourtant réglementaire. Ce type de vélo s’explique par le fait que les facteurs doivent rembourser l’emprunt destiné à l’achat dans les limites de leur indemnité mensuelle. L’administration postale voit dans la bicyclette un moyen d’abaisser le coût de la distribution rurale. Une tournée de 40 km est plus rapide qu’une tournée à pied de 21 à 32 km par jour. Elle dicte même un règlement strict sur l’utilisation de la bicyclette. Dès 1928, l’apparition de nouveaux moyens de transport pour le courrier comme la motocyclette, le side-car et l’automobile, rend la bicyclette moins nécessaire. Dans les années 1970, elle reviendra en force dans les villes, compte tenu du volume du courrier à distribuer. En 1996, en France, 26185 tournées sur 72335 ce faisaient en bicyclette.


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