La vie agricole

En 1944

Les photos de cette page m’ont été aimablement communiquées par madame Marie-Claude Farque.

Le tracteur avant et après l’installation de songazogène , époque de pénurie oblige..

Durant la seconde guerre mondiale, les carburants était très rares, réservés  aux aéroports et aux armées.  Une drôle d’invention se fit populaire : le gazogène. Le principe consistait à remplacer le gazole par un gaz créé par la combustion de bois. Les véhicules avaient une sorte de fourneau à bois qui produisait le gaz utilisé par le moteur. Le gazogène rendit beaucoup de services.

Toute la famille participe

Après le travail

Fin de la journée.. la famille est réunie, dans la bonne humeur, devant la ferme. Aujourd’hui,  cette maison a été démolie, puis une autre a pris sa place au n°7 Grande Rue.

Le maréchal-ferrant

Le maréchal-ferrant et son aide

Cette maréchalerie se tenait au n°18 Grande Rue à Phaffans. Dans les années 1950, l’activité du maréchal-ferrant dut évoluer, avec l’arrivée de la mécanisation, vers la ferronnerie et la serrurerie.

Ce métier exigeait une force musculaire que seuls des hommes robustes pouvaient déployer. Le maréchal devait être assisté d’un « arpète » ou, à défaut, du client pour sécuriser les opérations. Le fer devait s’adapter à la forme du pied, non l’inverse ; les mauvais ouvriers trichaient en taillant la muraille du sabot. Leur savoir-faire est décrit ci-dessous dans un extrait de « Les gagne-misère » de Gérard Boutet (voir ce site).

« Le ferrage était une opération compliquée et dangereuse. [..] Le plus difficile consistait à ferrer les pieds de devant, qu’il fallait maintenir pliés à l’aide d’une courroie passée dans le crochet du collier. Le ferrage des sabots de derrière était relativement plus facile. Le « teneur » s’accotait contre la fesse de la bête, bien d’aplomb sur ses jambes écartées et soulevait le pied avec la courroie enroulée dans ses mains. Le maréchal travaillait constamment courbé, sa « boîte à ferrer » à portée de main [..] La simple longe attachée à un anneau du mur ne suffisait pas toujours à immobiliser un cheval. On le maîtrisait alors avec un serre-nez, long bâton terminé par une boucle de corde que l’on vrillait dès que l’animal renâclait. Quand une carne semblait par trop récalcitrante, on la poussait dans une sorte de cage, le « travail « , fabriquée à cet effet par le charron. [..]

Tout d’abord le maréchal débrochait le fer usagé et l’arrachait avec les tricoises, puis il éliminait l’excédent de corne à l’aide d’une lame appelée « rogne-pied » et d’une mailloche. Il nettoyait aussi le dessous du sabot à la rénette et en râpait les côtés. Le maréchal disait qu’il « parait ». Un pied de devant était posé sur un trépied, la « biquette » ; un de derrière, relevé à la courroie.

Le fer chauffait entre-temps sous le charbon ravivé au soufflet. Le maréchal ne le présentait que lorsqu’il virait au rouge sombre. C’était l’ajustage. Il fallait faire vite de façon que le fer égalise la sole sans en brûler la corne. Au besoin on le corrigeait sur l’enclume pour qu’il « porte » bien. Enfin on l’appliquait.

Le fer refroidi et mis en place, le brochage suivait aussitôt. Les clous à tête carrée étaient enfoncés dans la corne qu’ils transperçaient. Le maréchal en coupait la pointe avec ses tenailles, puis il les « dégorgeait », c’est-à-dire qu’il encochait le sabot pour que l’extrémité des clous, repliée au brochoir, ne dépasse point. Un coup de lime fignolait le boulot et donnait le « fil d’argent ». La main ne devait pas sentir le clou à la caresse du sabot. Un cheval qu’on piquait malencontreusement au brochage était une bête qui souffrait [..]

On ferrait en principe les pieds deux à deux pour ne pas déséquilibrer la marche du cheval. Souvent on changeait les quatre fers à la fois. Le maréchal regardait toujours s’éloigner l’animal qu’il venait de ferrer, comme pour se convaincre, en suivant son encensement régulier, qu’il n’avait point  salopé l’ouvrage. »

Une enseigne de forgeron : le bouquet de Saint-Eloi