Une vie de chapelain

Avant la Révolution

La maison du chapelain
Deux vues de la maison du chapelain construite en 1702

« L’exemple du chapelain de Saint-Nicolas de Phaffans, Jean-Louis Frelin, peut illustrer ce qu’étaient les conditions de vie de ce clergé. C’est le 28 juillet 1784 qu’il fut nommé à ce bénéfice par l’archevêque de Besançon, sur proposition du curé. Ses obligations étaient de résider, d’être « in subsidium parochi » et d’aider le curé dans ses fonctions (confesser et administrer les sacrements lorsqu’il en était requis), de célébrer la messe tous les dimanches et fêtes, de catéchiser tous les mois et de prêcher plusieurs fois par an, enfin de célébrer 37 messes fondées à la chapelle. Il bénéficiait d’une maison comportant une cave, un rez-de-chaussée d’une cuisine et 3 petites pièces, un étage ayant une chambre avec cabinet attenant et 2 petites pièces et un grenier. A cet édifice de pierre couvert de tuile était adjointe une grange et deux écuries. Le tout était estimé 2 200 livres en 1790. Il jouissait en outre de pièces de terres disséminées représentant au total une dizaine d’hectares. Il était par ailleurs propriétaire de quelques arpents dans son village natal et en avait acheté pour un hectare et demi sur le territoire de sa paroisse d’exercice. Sans connaître la richesse, il vivait et pouvait même se permettre de jouer les prêteurs d’argent auprès des fidèles. Tous ses confrères n’étaient cependant pas logés à la même enseigne. La nationalisation des biens du clergé représenta pour eux une grave menace, en les privant d’un bénéfice qui, sans charge d’âmes, était voué à la disparition. Cette mesure peut expliquer, au moins partiellement, le fait que de nombreux chapelains soient entrés dans le clergé constitutionnel en se présentant à des cures, sans doute d’abord pour raison alimentaire. »

D’après :
Varry (Dominique) et Muller (Claude), « Hommes de Dieu et Révolution en Alsace », dans la collection « Hommes de Dieu et Révolution » dirigée par Bernard Plongeron du CNRS, Turnhout, Brépols – 1993. pages 43-44.

Linteau de sa maison

La maison du chapelain a été construite à la même époque que la cure