Les tacots

La gare de Roppe

Phaffans, n’ayant pas voulu participer à son financement, la gare a donc été construite sur la commune de Roppe, à quelques pas des limites des deux communes !

Le chemin de fer d’intérêt local (CFB)

C’est un tramway en voie métrique pouvant s’intégrer aux voies publiques (rues, routes…). L’alimentation électrique des motrices était assurée par l’usine électrique de la Société des Houillères de Ronchamp et celle du Refrain située dans le département du Doubs, près de Charquemont. Il dessert les localités éloignées de Belfort dont l’activité industrielle étaiit alors florissante :  Etueffont, Rougemont ou Lachapelle.

Le Conseil Général en 1906 déclare d’utilité publique le projet. Il  est publié dans le JO du 16 novembre 1909. Dès 1913 le tramway roule sur les voies du CFB (Compagnie des Chemins de Fer d’Intérêt Local du Territoire de Belfort, créée le 26 mars 1913).  La ligne du nord est mise en exploitation en 1913 et 1914 pour Lachapelle. Elle comporte 4 sections :

  • Belfort-Les Errues par Offemont, Vétrigne, Roppe, Denney, Eguenigue, Menoncourt.
  • Les Errues-Etueffont par Anjoutey
  • Les Errues-Rougemont-le-Château par Saint-Germain-le-Châtelet et Romagny-sous-Rougemont
  • Les Errues-Lachapelle-sous-Rougemont par La Grange et Angeot  fut prolongé par l’armée jusqu’à Sentheim en deux mois de travail

La dernière ligne fermera en 1948.  La CFB  est radiée des registres du tribunal de commerce de Belfort le 19 janvier 1954.

Au départ…

Trams en gare de Belfort (derrière le marche Fréry)
1915 - Les soldats en poste à Phaffans embarquent pour le front alsacien à la gare de Roppe

Il ne faut pas confondre le chemin de fer stratégique qui desservait la ceinture fortifiée de Belfort et le tramway des chemins de fer vicinaux. Les deux voies traversaient la Baroche à Denney, la première desservait les forts de Bessoncourt tandis que l’autre assurait, à partir de 1913 le trafic de voyageurs et de marchandises sur la ligne Belfort – Les Errues – Etueffont – Rougemont le Château – Lachapelle sous Rougemont.

N’oublions pas que le tramway joua un rôle stratégique important pendant la Grande Guerre, pour le transport du matériel, des troupes, des blessés et des prisonniers du front sud alsacien. Une extension de ligne fut même spécialement construite pendant les hostilités jusqu’à Sentheim (Haut-Rhin) pour desservir le front.

La voie militaire d’écartement 60cm était constituée de rails préfabriqués à traverses métalliques qui pouvaient être montés et démontés rapidement grâce à un système d’éclisses. La locomotive Péchot-Bourdon modèle 1888 est une locomotive typique : elle est double, possède une cabine centrale, une seule chaudière, deux cheminées et deux foyers ce qui la rend parfaitement réversible. Les forts reliés par le réseau stratégique étaient ceux de Roppe, Bessoncourt, Chévremont, Vézelois, Meroux, le Bois d’Oye, le Salbert, les Barres, les deux forts des Perches et le fort du Mont-Vaudois d’Héricourt.

Le train stratégique en cartes postales

Locomotive Péchot-Bourdon-Baldwin
Locomotive Péchot-Bourdon-Baldwin

Train militaire au départ de Belfort

Sur le panneau on peut lire les directions d’Offemont et de Vétrigne

En direction des forts

Collection du Fond Mayer aux ADTB

Pour plus d’informations sur le chemin de fer stratégique de Belfort, visitez le site Les petits trains de Dany, riche de nombreuses photographies inédites.

Carte générale des réseaux ferrés du Territoire de Belfort

Extraite de la Géographie des chemins de fer français,  H. Lartilleux (édition 1946) – Tome 1

Carte générale des réseaux ferrés du Territoire de Belfort (d'après Lartilleux)