Les cantonnements US

Company C

Cette page donne le « journal de marche » de la compagnie C, sous forme d’extraits que j’ai traduits en français à partir du document original « Chronology of Co.C from the time of leaving Waco, Texas » ,écrit par le Capitaine Paul W. Schmidt.

22/01/1918
La Compagnie C (Co C) quitte Waco, Texas. Elle comprend six officiers 232 hommes

24/01/1918
Memphis, Tenn.

25/01
Arrêt à Chattanooga pendant 2h 30, visite du champs de bataille de Lookout Mountain et défilé dans les rues de Knoxville

26/01
Traversée du champs de bataille de Manassas, visite de son cimetière de la Guerre de Sécession. Arrivée à Philadelphie puis cantonnement à Camp Meritt, N.J. Elle stationnent ici jusqu’au 15 février en quarantaine sanitaire. Quatre officiers et 161 hommes sont autorisés à partir.

16/02
Marche en direction de Dumont pour prendre le train. Arrivée à Hoboken le dimanche matin. La Croix Rouge sert un repas avant d’embarquer sur le George Washington. Des hommes contagieux sont renvoyés à Camp Meritt, seulement quatre officiers et 140 hommes qui navigueront vers la France.

Le George Washington en déchargement à Brest en 1918 revêtu de son camouflage de guerre.
Lancé sous pavillon allemand en 1908. Saisi par les USA,  il devient transporteur de troupes en 1917. Il transportera le Président Woodrow Wilson pour les négociations du Traité de Versailles en 1919. Il sera ferraillé en 1951.

18/02
L’ancre est levée à 10h 30, le bateau part pour la France dans un convoi de sept navires.

28/02
La zone de guerre est atteinte, les mesures de sécurité à bord sont ordonnées.

1/03
Un sous-marin sème la panique. Tous les bateaux tournent leur proue dans la direction supposée du sous-marin. Le U.S.S. Grant effectue de nombreux tirs dans le but de couler le bâtiment ennemi.

2/03
Le convoi est rejoint par une flottille de destroyers pour les protéger et les escorter jusqu’à Brest.

 4/03
Arrivée dans la baie de Brest. Le bateau restent à l’ancre jusqu’au 7 mars…

Captain Paul W. Schmidt, Commander of Co C , 127th Inf.

7/03 (jeudi)
Débarquement et embarquement immédiat dans le train pour Bordeaux. Les soldats arrivent le samedi. Ils sont cantonnés au camp de Genicourt (?), où stationnent des troupes algériennes. Grand nombre de prisonniers allemands entretiennent les rues et font de menus travaux autour du camp.

13/03
Ordre de partir. Les compagnies B, C et D partent dans 19 camions à Saint Sulpice-Izon. Elles y construisent 52 entrepôts de 150m de long chacun. Les troupes américaines posent 22 km de rails.

3/04
L’ordre est donné de partir pour la Haute-Marne pour renforcer la 32e Division.

8/04
Arrivé à Vaux, QG de la 64e Brigade commandée par le général Bordmann.

9/04
Les Cie A, B, C passent sous le commandement du Major W.D. Marden et prennent position à Courcelles sauf la Cie D qui est envoyée en cantonnement à Esnoms à 1km de distance. Commence alors un entrainement intensif, avec du tir à 500m, avec des instructeurs français.

28/04
Cie C reçoit un renfort de 44 hommes du Colorado et de Californie et 50 du 162e Infantery des troupes de l’Oregon, quelques-uns sont originaires de l’Idaho et du Dakota du Nord.

11/05
Des ordres sont donnés pour la préparation des équipements pour le départ au front. Les excès de bagage de la Division partent à Champlitte par camions.

14/05 à 5h
Un convoi part pour 26 km, composé de voitures d’escorte, de rations, d’une citerne d’eau et de cuisines de campagne mobiles, quitte le camp. Les chevaux mal entraînés causent des soucis. La Cie C a six officiers et 225 hommes pour cette marche harassante. Arrivée à Langres à 12h 30.

15/05
Départ en train de Langres à 20h 53 pour Belfort qu’ils atteignent le lendemain à 4h du matin au moment d’une alerte aérienne.

16/05
Marche puis arrivée à Phaffans à 9h 30.

Ce récit est suivi d’une description intéressante de Belfort et de ses environs :

Le Capitaine Paul W. Schmidt en tenue de campagne, avec sa cane qu’il tenait toujours, la considérant comme un talisman, car il n’avait eu aucune égratignure au cours de tous les engagements de la Company C.

« Belfort est la plus grande ville de cette partie de la France. Elle est située au sommet d’une solide éminence rocheuse, la cité étant bien fortifiée par des murailles massives et solides. De nombreuses tours dans les murs assurent une protection à la ville de tous côtés. Un lion haut de 50 pieds, sculpté dans le rocher par Bartholdi, le sculpteur de la Statue de la Liberté du port de New York, s’élève devant une paroi de la colline. Le lion commémore la bataille des Français et des Allemands durant la guerre franco-prussienne en 1871, un monument symbole de victoire, car les prussiens furent incapables de prendre la ville.

Il y a des étangs autour de la ville, dont l’accès se fait par des ponts qui peuvent être levés en cas d’urgence. Des réservoirs, toujours prêts, sont capables d’inonder la campagne sur une hauteur de plusieurs pieds. Si une attaque ennemie devait être lancée contre la ville les ponts peuvait être levés et le pays inondé.

La vue panoramique, sur la campagne environnante depuis le haut des murailles couvre de nombreux miles, est intéressante à admirer. Les Vosges, collines appelées ainsi en français, sont couvertes de forêts profondes et les vallées intermédiaires sont de belles images inoubliables. Le touriste se tient fasciné devant l’œuvre merveilleuse de la nature. En ville, on trouve beaucoup d’importants bâtiments cossus, la cathédrale et les bâtiments publics sont des merveilles d’architecture. Nous apprécions la visite de la ville pendant deux heures. A 6h, nous la traversons en marchant et partons en direction de Phaffans que nous atteignons à 9h 30.

Phaffans est un très joli village entouré d’un territoire couvert de vergers de pommiers et de cerisiers. Vu de l’extérieur, il est difficile d’imaginer qu’un tel endroit puisse être si près du champ de bataille d’Alsace qui s’est avéré si sanglant.

Pendant notre cantonnement, la plus grande prudence devait être prise, en raison de nombreux avions survolant le village. Le temps était idéal, les avions volaient à haute altitude pour rester hors de portée des canons antiaériens de nos Marines. Aucune lumière ne devait être utilisée dès la nuit tombée.

Le 18 mai, le 3rd Bataillon reçut l’ordre de partir au front. Comme il traversait le village de Phaffans, notre bataillon, aligné, a donné aux troupes un adieu royal et a crié « Good Luck » aux soldats qui allaient connaître les risques des tranchées de première ligne. Ces mouvements se faisaient toujours de nuit de façon à tromper l’ennemi. L’usage était de placer en alternance au front deux compagnies françaises avec deux compagnies américaines. L’objectif était d’habituer assez longtemps les troupes américaines avec les troupes françaises expérimentées à l’offensive et à la défensive.

Un aspect intéressant de l’efficacité de l’espionnage allemand fut la surprise de nos soldats le matin suivant : en regardant au-dessus du parapet de la tranchée, ils virent une longue bannière tendue au-dessus de celle de l’ennemie : « Welcome 32nd Division« . Malgré toutes les précautions prises dans nos déplacements vers l’avant, en ne marchant que la nuit, l’ennemi était apparemment au courant de chacun de nos mouvements.

Le temps devint chaud et les troupes sentaient le besoin de prendre un bain rafraichissant dans un petit lac situé à proximité, mais ils eurent souvent leur espoir déçu de ne pouvoir le faire. Alors qu’aucune troupe n’avait jamais subi de perte, la compagnie fut attristée le 21 mai lorsque Janer L. Stenceth, un jeune homme du Nord Dakota membre de la Company C, se noya. »

 


Company A

Stationnement en 1918 de la « Company A », 127th Infantry, 64th Brigade, 32nd Division

Après avoir été mobilisée pour la guerre à Marshfield (Wis.) en avril 1917,la Company A du Second Wisconsin Regiment fut intégrée au 127th US Infantry. Entraînée au camp de Waco (Texas) jusqu’en février 1918, elle embarqua sur l’USSS Georges Washington pour la France. Arrivée à Brest, elle fut dirigée dans un camp près de Bordeaux pour se reposer. Le 5 avril 1918 elle prit le train en direction du front de l’Est et atteignit la gare de Vaux-sous-Aubigny (Haute-Marne). Après une marche d’une dizaine de kilomètres, elle arriva au camp de Courcelles-Val d’Esnoms (52) pour suivre un entraînement intensif.

Le 14 mai, la compagnie quitta Courcelles pour atteindre Langres par une marche épuisante car les soldats durent transporter de lourdes charges, des fusils automatiques avec leur bandes de munition etc. Elle prit le train pour Phaffans qui était « tête de ligne » et « place d’embarquement pour le front d’Alsace » (sic) où elle arriva le lendemain à 10 heures pour y séjourner jusqu’au 21 mai à 21 heures. Sous le commandement du sergent Purdy, elle participa aux opérations du sud de l’Alsace.

En rentrant de patrouille le 4 juillet 1918 près de Hagenbach (Alsace), le sergent Purdy est mort héroïquement à 23 ans,  tué par l’explosion d’une grenades déclenchée par une goupille défectueuse. Il eut le temps de se coucher sur cette grenade pour protéger ses camarades. Il y eut un mort et trois blessés..

Il reçoit à titre posthume la DSC (Distinguished Service Cross – décoration créée en 1917 par President Woodrow Wilson) avec la citation suivante :

«À son retour avec sa patrouille, après une reconnaissance de la ligne ennemie, le sergent Purdy faisait l’appel de ses hommes et la collecte de leurs grenades à main lorsque l’axe de l’une des grenades est devenu désengagé. Voyant que la grenade ne pouvait pas être jetés sans blesser quelques-uns des hommes, le sergent Purdy a appelé tout le monde à courir, alors qu’il a récolté trois des grenades et se penchant sur les contre son ventre, la grenade a explosé, tuant le sergent Purdy instantanément, mais sa présence d’esprit et d’abnégation acte sauvé la vie de ses camarades. « 

Note : Ces archives attestent de l’importance stratégique du chemin de fer d’intérêt local et le rôle joué par notre dans le regroupement des troupes avant le départ pour le front.

Extraits de documents de la Marshfield Public Library et de la  McMillan Memorial Library (Wisconsin)

W.D. Purdy et la Company A

 

Témoignages

Objets retrouvés sur le lieu du cantonnement

Ces objets appartiennent à la collection de B. Petit qui les a mis à ma disposition pour illustrer cette page.

Boutons de col (collar disc) – Diamètre 26mm – cuivre

A gauche : NG National Guard de la 127th US Infantery

A droite : MG (Machine Gun = fusil-mitrailleur) Company A

Pièce de 5 cents 1917 - diam.21mm
Pièce de 5 cents 1917 – diam.21mm en alliage cuivre-nickel

Un sifflet de l’US Army en laiton (solid brass)

Sifflet en laiton de l'US Army

 



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