Rg3 pages 1 – 6

Campagne du Poste Rg3

Fin 1914 – début 1916

Pierre BINDER alias Paul Buisson

Notes : Ces pages sont la reproduction in extenso du récit et des photos de Pierre Binder. Les [?] repèrent les dates, les mots absents ou illisibles.

Début 1915 - Phaffans
Début 1915 - Phaffans

Le G.Q.G. vient de créer un nouveau service radiotélégraphique, la radiogoniométrie. J’y suis affecté et quitte le dépôt de la Courade le [?] décembre avec cinq camarades. Après un stage de plusieurs semaines à Paris et à Villejuif, nous quittons le [?] janvier l’Établissement Central de la T.M. pour le G.Q.G. Le voyage se fait avec l’auto-poste. Quelques jours plus tard on nous expédie en Alsace.

Personnel du poste mobile RG3


Voici Rg3 au complet : Bijos Marcel (agrégé), Kugueny Joseph [..?..], Buisson Paul (mon nom de guerre), Laubier Léon (chauffeur), Paulmier Abel (notre chef de poste, professeur de TSF), Bijos René (normalien) de gauche à droite.

Le [?] janvier le poste Rg3 (c'est ainsi que se nomme notre formation) arrive à Belfort. De là on nous dirige par une bourrasque de neige sur Phaffans, petit village à l’Est de la place forte. Le lendemain, la voiture est placée, non sans peine, dans un champ, le mât est monté et le service commence.
Le poste mobile du RG3

Début 1915 - Phaffans
Début 1915 - Phaffans
Début 1915 - Phaffans

Phaffans sous la neige ne manque pas de charme. Mais les journées froides et surtout les nuits qu’on passe tous les deux jours dans la bagnole, ne sont pas toujours agréables.

Le [?] je quitte le service à 7h du matin. Après une bourrasque qui a duré depuis la veille le thermomètre est tombé à –8°C. La neige s’est déposée sur les branches les plus fines et la nature a pris un aspect merveilleux. Mon Kodak s’est chargé de fixer quelques beautés de ce ravissant paysage.

1915 - Au cantonnement une partie d'échec (1) Abel Paulmier, Joseph Kugheny, M; Landelli
Après diner Joseph Kugheny, Abel Paulmier (3), Pierre Binder

Début 1915 - Phaffans






Par ces journées d’hiver on reste en chambre la plupart du temps, en dehors du service. Notre cantonnement est confortable et spacieux car nous logeons presque tous chez l’habitant. Le père Laubin nous fait la cuisine. Nous voici après un excellent dîner, attablés à une partie d’échecs, tandis qu’au fond M. Paulmier rédige son rapport et qu’Hugueny notre [.. ?..] passe son télégramme du soir.

Printemps 1915 - Partie de pêche
Corvée de bois devant le cantonnement






Au premier beau jour nous faisons notre premier pèlerinage en Alsace reconquise. Ce n’est pas sans un frisson de joie que je franchis l’ancienne frontière à Chavannes-l’Etang.

Nos heures de loisirs sont partagées entre les corvées de ménage et les parties de plaisir. La pêche est un agrément utile.
Sport peu coûteux qui améliore l’ordinaire. Mais il faut de la patience.
1915 – Chavannes-sur-l’étang – Franchissement de l’ancienne frontière – Abel Paulmier, (2), Pierre Binder

Printemps 1915 – Entre Phaffans et Lacollonge – Maréchal des logis Duvignon, chef d’une batterie de 90, entouré de ses hommes
Printemps 1915 – Entre Phaffans et Lacollonge


Nous nous créons peu à peu des relations. Voici notre excellent ami, le Maréchal des Logis Duvignon, chef d’une batterie de 90 entouré de ses hommes. Il habite un petit pavillon construit par son peloton au milieu d’un petit bois situé entre Phaffans et Lacollonge, non loin de la route.
Printemps 1915 – Entre Phaffans et Lacollonge Cantonnement de la batterie de 90